Yan Bourgine,
alias Yannou, a commencé sa carrière d’artiste
en tant que clown dès l’âge de 8 ans jusqu’à 17
ans. Il aurait voulu en faire son métier, mais les aléas
de la vie et le bien-fondé des choses font qu’il poursuivit
une vie plus sérieuse et aux revenus plus certains.
C’est ainsi qu’il servira dans l’armée de
l’air
comme mécanicien avion pendant 15 ans. Drôle de parcours
pour un artiste !!! Cela dit, il ne remet pas en cause cette partie de
sa vie dont il est même plutôt fier. Cette formation lui
a apporté une certaine rigueur dans son travail, qui par ailleurs
ne manquait pas d’humour. "De tous temps, estime t'il, les gens
des armées
sous leurs façades rigides ont su s’amuser".
En février 2004, à l’âge
de 35 ans, sur un coup de tête, ce militaire mécanicien
décide
de revenir à sa
première nature de clown, mais cette fois-ci à travers
la peinture. Se faisant appeler pompeusement « Maître
Yannou », sa signature et ses œuvres ne sont pas toujours
bien comprises. Elles choquent quelquefois un public au goût
plus académique qui ne trouve pas cette peinture très
sérieuse.
D’ailleurs est-ce vraiment de la peinture ? Quant aux amateurs
d’art abstrait, ils considèrent que ce style est trop
strict, trop clair, trop « carré ».
"Quelle gratification" pense l’artiste "de ne
faire partie d’aucun
de ces deux camps !!"
L’originalité de Yannou réside dans sa volonté de
ne pas être sérieux pour offrir à ses congénères
une denrée relativement rare chez les peintres : la joie de vivre.
Il a bien essayé des œuvres plus académiques, mais
il n’a jamais réussi à en finir une seule (trop
triste, trop rebutante).
Demandez lui d’exprimer la misère et la souffrance de la
condition humaine, il ne saura même pas de quoi il en retourne.
Quoique des souffrances, des peurs et des interrogations, il en exprime à travers
ses personnages mais à sa manière.
La question suivante se pose alors : comment doit-on définir son
style ? Est-ce de la peinture humoristique, fantastique ou encore naïve
? Maître Yannou vous répondra qu’il s’agit de « sur-dingo-réalisme » ou
encore de peinture « transgénique ».
A travers cette conception peu orthodoxe on se doute sans peine que
l’individu
est un parfait autodidacte. Pourtant ses références sont étonnantes,
il aime entre autre : Poussin, George de la Tour, El Greco, Pierre Mignard,
Edouard Detaille. Moins étonnant, il apprécie les grands
dessinateurs de bandes dessinées comme Franquin, Gotlib, Uderzo
ou Calvot.
Il aime aussi l’histoire, la mythologie, la musique baroque et
ses tragédies lyriques, la cuisine, la pâtisserie, les promenades
en colline et, grande honte, les jeux informatiques. Toute cette variété de
plaisirs personnels se retrouve dans son œuvre. Un mélange
de bonne humeur et de culture ancestrale accompagnées par
les parfums de sa propre vie est le fondement de son art.