« J’ai fermé les yeux pour oublier et pour retrouver la joie
que j’avais perdue, celle de l’enfance non coupable. Chaque homme
porte en lui le poids de son imperfection et le poids de sa culpabilité.
Chaque homme, à un moment, ferme ses yeux pour retrouver la paix qu’il
a perdue, mais un jour je redeviendrai un enfant, un enfant sans tache, blanchi
par mon amour pour les autres… car je suis celui qui aime toujours.»
C’est par ces paroles de célébration de l’amour rédempteur
de toutes les souffrances que Sylvain Legrand, artiste mouginois, secret et déterminé,
illustre le parcours qui l’a mené depuis ses premières toiles à l’age
de 14 ans jusqu’à la maturité dont il fait preuve aujourd’hui
tant dans sa peinture que dans sa sculpture.
Né en 1953, Sylvain Legrand étudie à l'Ecole de restauration
près d'Avignon où il copie les Grands Maîtres. A 25 ans,
une de ses œuvres majeures, "L'Oie crucifiée" remporte
le Grand Prix International de Peinture de la Côte d'Azur. En 1981-1982,
ce même tableau obtient le Prix du Salon d'Automne à Paris et se
retrouve sélectionné pour le 15ème Grand Prix d'Art Contemporain
de Monaco. Il retient l'attention de l'Académicien Rrené Huyghe
qui l'utilise dans son livre "Les signes du temps de l'Art Modene".
En 1983, Sylvain Legrand lance une école de peinture à Cannes avec
40 élèves jusqu'à sa destruction par un violent incendie
où périssent "L'Oie crucifiée" et 6 années
de peinture.
Malgré l’épreuve l’artiste relève la tête.
Il ouvre un atelier galerie à Mougins en 1987, année de sa première
exposition au Lavoir. En 1995, un musée d'art moderne privé londonien
acquiert 10 de ses œuvres. En 2001 il expose à Asheim (Munich) et
réalise l'affiche de Noël de la ville de Mougins. En 2002, Sylvain
Legrand inaugure une sculpture monumentale à la Roquette sur Siagne. La
même année, il expose à la Berliner Bank de Berlin présenté par
la galerie du Crescendo, puis, en 2006 de nouveau au Lavoir de Mougins.
Avec cette exposition de Valbonne, Sylvain Legrand poursuit la voie qu’il
s’est depuis toujours tracée : « c’est l’histoire
obsessionnelle de mes amoureux enlacés pour toujours dans cette paix
si paradoxale pour mon âme tourmentée par la violence et la fragilité de
l’être ». Pareil à cet amour qui, « après
tant de larmes rencontre sa moitié », le peintre qui vient « enfin
de se trouver » rejoint ses amoureux « où le temps n’a
plus prise ». « C’est depuis une longue étreinte calme
et passionnée », à contempler, les yeux grands ouverts…